Cie du Coleoptere

SETÂR, de l'Iran au Morvan

dimanche 26 avril 2026...

Dimanche, nous étions plus de 130 sous le Dôme.

Un écrin de culture et de verdure, au cœur du Sud Morvan.
Un écrin d’ouverture aussi, où nous avons partagé ce qui nous tenait à cœur.
Vous avez été présents. Attentifs. Emus. Engagés. Et nous avons eu un immense plaisir à vous accueillir et à vivre ce moment avec vous. Toutes cultures et générations confondues. Nous avons lancé ce projet avec conviction mais timidité. Mais l’engagement et l’enthousiasme de vos regards nous a convaincus que nous avions choisi le bon territoire pour exprimer notre envie de proposer, de créer, et de rassembler.

Nous avons accueilli des artistes qui jouent dans les plus grands opéras du monde.

Cette fois, notre grand opéra était niché au creux des paysages lumineux d’un Morvan où tout est possible. Où nous choisissons d’inventer d’autres chemins. Et qu’importe si ces chemins sont sinueux et difficiles. Ils sont quand même des voies que nous choisissons d’emprunter, ensemble, pour que s’élèvent des voix unies par des convictions communes.

Ensemble, nous avons choisi de nous dire qu’il n’était pas vain de croire en une autre manière de voir notre humanité.

Qu’il n’était pas vain d’essayer d’agir à notre manière, quand bien même nos gestes paraissent dérisoires face à un monde en feu.

Ensemble, nous avons choisi de tisser une matière commune.

Nous sommes une seule humanité. Nous pouvons parler de biologie, d’histoire, de philosophie. Nous sommes un tout. Cela n’empêche pas nos différences, culturelles, structurelles. Et alors… nous ne cessons de nous extasier devant la poésie d’une mosaïque, d’un patchwork, d’une vue impressionniste. Faire une force de nos différences : que risquons-nous à essayer ? Quand allons-nous comprendre que prendre soin les uns des autres n’est pas un vœu pieux mais une bannière à brandir ? Malgré tout ?

Naïveté nous direz-vous ?
Nous préférons : Lucidité. Humanité. Nécessité.

Notre projet est politique. Profondément.
Et pourtant nous n’allons pas en parler, tant la politique internationale nous prouve chaque jour son incapacité à prendre en charge l’essentiel. Le vivant. L’évidence. Et ce qui nous relie. Nous n’avons pas souhaité entrer dans les détails de conflits dirigés par une avidité perfide, absurde, aveugle, abjecte et narcissique.
 
Nos seules armes sont les mots. Les arts. La musique. La bienveillance. Nos sourires. Nos paroles. Nos initiatives. Notre réflexion. Nos actes.

En créant cette résidence, nous avons souhaité, avec modestie mais ambition, soutenir des artistes, et à travers eux, envoyer un message simple.

Dans notre impuissance et notre sidération, nous ne cautionnons pas les actes qui font s’éteindre vos voix. Non, nous ne pouvons pas entendre la violence de la phrase « une civilisation va mourir ce soir, pour ne plus jamais renaître », sans nous élever et exprimer notre indignation, notre désespoir et notre résistance. Nous ne pouvons pas faire comme si nous n’avions pas entendu ces mots, vecteurs de destruction et immensément contraires à l’esprit des lumières et du droit international.

A notre petite échelle, nous tentons alors de créer des ponts entre nos cultures, de chaque côté du monde.
Le piano se mêlant au Setâr, de manière naturelle et improvisée : voilà la meilleure preuve que nous pouvions donner pour illustrer notre démarche : à travers la rencontre de deux instruments et de deux âmes, c’est l’esprit du monde qui a parlé.

L’unité, la complémentarité, l’écoute et le respect. L’essence de ce que nous sommes.

Nous vous retrouverons au Dôme, si vous le voulez, le 30 juillet, le 30 août et le 18 septembre.
D’autres moments importants ponctueront cette résidence. Nous vous adresserons vite le programme intégral (n’hésitez pas à nous transmettre votre adresse mail pour ne rater aucune info).

En attendant, nous vous remercions de votre soutien. Et de votre humanité réconfortante.

Textes : Stéphanie / Photos : Yves